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Les peuples amérindiens de Guyane : qui sont-ils ?

Six peuples, trois familles de langues, du littoral aux fleuves du sud : l'essentiel pour comprendre les Amérindiens de Guyane et les rencontrer avec respect.

Équipe Bon Ti Koté
4 octobre 2026· 4 min
Les peuples amérindiens de Guyane : qui sont-ils ?

Bien avant l'arrivée des Européens, des peuples vivaient déjà sur les côtes et le long des fleuves de Guyane. Leurs descendants sont toujours là. On compte aujourd'hui six peuples amérindiens en Guyane, avec leurs langues, leurs savoir-faire et leurs façons de vivre.

Voici l'essentiel pour comprendre qui ils sont, où ils vivent, et comment aller à leur rencontre avec respect.

Six peuples, trois familles de langues

Les six peuples amérindiens de Guyane se répartissent en trois grandes familles de langues :

  • Famille caribe : les Kali'na et les Wayana.
  • Famille arawak : les Lokono (aussi appelés Arawak) et les Palikur.
  • Famille tupi-guarani : les Wayãpi et les Teko (autrefois appelés Émerillons).

Ces six langues sont reconnues comme « langues de France ». Sur le Haut-Maroni, on parle aussi l'apalaï, une langue caribe partagée avec le Brésil voisin. C'est pourquoi on parle souvent des « Wayana-Apalaï ».

Combien sont-ils ? Il n'existe pas de chiffre officiel, car la statistique publique française ne recense pas les appartenances ethniques. Les estimations vont d'environ 5 000 à 10 000 personnes.

Du littoral aux fleuves du sud

Sur le littoral

  • Les Kali'na vivent surtout dans l'Ouest, à Awala-Yalimapo et à Mana.
  • Les Lokono vivent sur la côte, dans les régions de Cayenne et de Kourou.
  • Les Palikur vivent dans l'Est, à Saint-Georges et sur le bas Oyapock, et dans l'agglomération de Cayenne, à Matoury et Macouria.

Le mémorial d'Iracoubo, hommage aux Kali'na et Arawak

Dans l'intérieur

  • Les Wayana vivent sur le Haut-Maroni, dans la commune de Maripasoula, dans des villages comme Antecume Pata ou Twenké-Taluen.
  • Les Wayãpi vivent sur le Haut-Oyapock, à Camopi et à Trois-Sauts.
  • Les Teko vivent à Camopi et sur le Haut-Maroni.

Camopi, sur l'Oyapock

Les territoires de vie des Wayana, des Wayãpi et des Teko sont aujourd'hui dans le Parc amazonien de Guyane. Créé en 2007, c'est le plus grand parc national de France, avec environ 3,4 millions d'hectares.

Le manioc, au cœur des repas

Le manioc amer est la base de l'alimentation. Cru, il est toxique : il faut le préparer. La pâte est pressée dans une couleuvre, un long tube en vannerie qui en extrait le jus.

Le manioc donne ensuite plusieurs aliments que l'on connaît bien en Guyane : la cassave, une grande galette, le couac, une semoule grillée, et le cachiri, une boisson fermentée.

Vanneries tressées en fibres végétales posées sur un banc en bois
Vannerie en fibres végétales (illustration).

Des savoir-faire transmis

La vannerie, la céramique, le tissage des hamacs et le travail du bois font partie des savoir-faire amérindiens. Ces objets ont d'abord un usage quotidien : porter, tamiser, presser, dormir, transporter.

Le maraké, une épreuve de courage

Chez les Wayana-Apalaï, le maraké est un rite d'initiation. Il se pratique d'abord à la puberté et peut être répété au cours de la vie. Au moment le plus fort, on applique sur le corps une natte de vannerie garnie de fourmis ou de guêpes. Il faut endurer les piqûres sans broncher : elles sont censées apporter force et santé. Le cycle de cérémonies, de chants et de danses dure plusieurs mois.

Quelques repères d'histoire récente

  • 1984 : premier grand rassemblement des Amérindiens de Guyane, à Awala. Les participants s'adressent au gouvernement français pour affirmer leur volonté de rester amérindiens et de garder leurs langues, leurs cultures et leurs institutions.
  • 1987 : un décret ouvre la possibilité d'attribuer aux communautés qui vivent de la forêt des zones de droits d'usage collectifs pour la chasse, la pêche et la cueillette.
  • 2007 : création du Parc amazonien de Guyane.
  • 2018 : installation du Grand conseil coutumier des populations amérindiennes et bushinengé, créé par une loi de 2017. Il représente les autorités coutumières.

En août, les Journées des peuples autochtones

Le 9 août est la Journée internationale des peuples autochtones, instituée par l'ONU. En Guyane, la Collectivité territoriale organise chaque année au mois d'août les « Journées des peuples autochtones » : expositions, artisanat, danses et conférences. C'est une belle occasion de découverte.

Rencontrer, avec respect

Où que vous alliez, passer par un guide ou un prestataire local reste la meilleure façon d'être bien accueilli.

Bon à savoir : une partie du sud de la Guyane est une zone à accès réglementé. Pour s'y rendre, il faut une autorisation de la préfecture. C'est le cas, par exemple, de la commune de Camopi en dehors de son bourg, dont Trois-Sauts. Renseignez-vous avant de partir.

Et comme partout : on demande avant de photographier une personne ou un lieu de vie.

À voir aussi dans l'annuaire BTK :

Le Musée des cultures guyanaises, à Cayenne

La montagne Favard et sa roche gravée amérindienne, à Kaw

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